«The Circle est la densification d’un site idéalement desservi»

15. Septembre 2020

Pour Stephan Widrig, «The Circle» s’inscrit parfaitement dans son temps: ce projet d’envergure renforce l’aéroport et en fait, surtout au sol, un aimant puissant à l’éclat cosmopolite, déclare le CEO de Flughafen Zürich AG. L’avenir dira dans quelle mesure le trafic aérien profitera aussi de ce mégaprojet.

The Circle aurait dû être inauguré en grande pompe en septembre. Le report de la fête à cause du corona virus vous affecte-t-il?

Ce n’est que partie remise. Le printemps n’a pas été beau. Toutefois, le chantier de notre grand projet avance: chaque jour, des locataires prennent possession de leurs locaux, et nous prévoyons d’ouvrir les magasins, restaurants et autres affectations dès novembre 2020. Les festivités, elles, sont planifiées pour le printemps 2021. Nos invités et nous-mêmes serons alors probablement plus enclins à faire la fête.

Dans quelle mesure la pandémie a-t-elle impacté le budget prévu? 

La situation a bien sûr eu un impact sur les coûts. Néanmoins, il n’a pas été décisif sur le long terme pour un tel projet. De plus, aucun locataire ne s’est retiré, ce qui est fort positif. Certains ont, au contraire, choisi d’agrandir leurs surfaces locatives ces dernières semaines.

N’avez-vous pas eu, lors du premier semestre 2020, des doutes quant à un éventuel surdimensionnement du projet? Avec la pandémie, l’industrie aéronautique ne sera peut-être plus jamais la même.

The Circle est un projet pionnier à long terme. Nous le réalisons pour la région de Zurich et sommes convaincus que notre concept visionnaire de mixité d’utilisations et la notion de campus fonctionnent. Cela pourrait même servir de modèle à d’autres projets en Suisse et à l’étranger.

Quelle est la principale valeur ajoutée que vous attendez de ce chantier en votre qualité de CEO de l’actionnaire majoritaire, Flughafen Zürich AG?

The Circle renforce l’aéroport et en fait un aimant puissant à l’éclat cosmopolite. Il devient le pôle technologique et novateur de la Suisse. Cela donne une nouvelle impulsion à la région de Zurich et au pays tout entier. En outre, nous sommes convaincus que l’offre pour les congrès attirera en Suisse près de 2500 visiteurs grâce à de nouvelles manifestations.
The Circle sera le pôle technologique et novateur de la Suisse.

The Circle n’est-il pas aussi , en premi er li eu, un générateur d’affluence pour le trafic aérien et le hub zurichois, ce qui le rend donc dépendant des performances de transport de l’aéroport?

Certes, The Circle est une part de l’aéroport de Zurich. Cependant, nous sommes persuadés que bon nombre de ses visiteurs ne seront pas de simples voyageurs. L’Hôpital universitaire de Zurich (USZ), par exemple, pense que l’on traitera chaque jour à The Circle un millier de patients qui se rendront à l’aéroport au lieu d’aller à l’USZ au centre-ville. D’autres offres, les congrès évoqués, la dizaine de cafés et restaurants divers ou encore les espaces dédiés à la formation et à la culture feront qu’ici, une vie prospérera indépendamment du trafic aérien.

  Mais n’espérez-vous pas également que The Circle accroisse l’attractivité de l’aéroport de Zurich, ce qui inciterait de nouvelles lignes aériennes européennes à faire transiter plus de passagers via Zurich?

Zurich est un aéroport de qualité situé au cœur de l’Europe. The Circle le renforcera en premier lieu au sol. La destination «Aéroport de Zurich» en sera plus attractive. L’avenir dira si The Circle incitera des compagnies aériennes à utiliser dès lors l’aéroport ou à y augmenter leur fréquentation.

Vous voyez donc plutôt The Circle comme une attraction qui se suffit à elle-même ,   m a is qui est a ussi destinée à attirer la population locale . Il s ’agit en quelque sorte d ’une extension d e la métropole touristique qu’est Zurich? 

Oui, exactement. Grâce à sa situation au cœur du plus grand nœud de transports régionaux au nord de Zurich et dans la vallée de la Glatt, The Circle a également pour objectif de vivre de cette zone de desserte. Le parc intégré constitue une oasis de verdure pour l’ensemble de la communauté aéroportuaire, dont les quelques 6000 employés de The Circle, ainsi que pour les visiteurs, pendulaires et passagers de l’aéroport.

Qu’est-ce qui vous convainc personnellement dans ce projet , par exemple au niveau de l’architecture, du concept d’utilisation ou de la mixité des locataires?

Précisément l’interaction parfaite de ces aspects. Avec The Circle, nous densifions un site déjà idéalement desservi, créons de nouvelles offres et incitations pour la région et réunissons des utilisations diverses sous le même toit: de congrès à des concepts de commerces novateurs, en passant par la santé, la formation et l’art. Les gens travaillant ici trouvent aussi un campus idéal, qui encourage de nouveaux modèles de travail et qui, grâce au wifi omniprésent, transforme le parc et les cafés en espaces de travail.

Ne craignez-vous pas qu’avec le temps, il puisse y avoir des espaces vides, comme l’ont vécu d’autres projets immobiliers gigantesques une fois le premier engouement passé?

L’écho et les retours que nous avons reçus jusqu’ici nous incitent à être positifs et à penser que nous ne connaîtrons pas cette situation. De manière générale, les aéroports en Suisse et à l’étranger deviennent toujours plus souvent des lieux de rencontres où l’on se rend même si on ne prend pas l’avion. The Circle est érigé sur le site le mieux desservi de Suisse, un endroit déjà très fréquenté. Avec cette nouvelle attraction, les raisons de s’y rendre sont décuplées.

Combien de personnes travaillent actuellement chez Flughafen Zürich AG   et combien d’entre elles sont déjà dans des bureaux du Circle ?

Nous employons actuellement quelque 1700 personnes, et environ 600 d’entre elles ont emménagé en mai dans des bureaux du Circle. Ladite «Homebase» est le nouveau point d’ancrage de notre entreprise. Je suis particulièrement heureux que le siège principal soit à nouveau plus proche des collègues en première ligne.

Le concept d’exploitation et énergétique d e The Circle veille à la durabilité. Combien de temps sera né c essaire jusqu’à ce que le trafic aérien, qui est extrêmement polluant, devienne plus durable, p. ex. avec des carburants synthétiques, de l’hydrogène, etc.?

A long terme, le plus grand défi de l’aéronautique est bien évidemment l’abandon des combustibles fossiles, car ce n’est pas en soi le fait de voler qui est le problème, mais les énergies fossiles. L’objectif doit être un réseau mondial de qualité sans énergies fossiles.

Cela sonne bien, mais que faites-vous , en tant qu’aéroport , pour tendre vers cet objectif ?

Nous œuvrons en permanence pour créer de bonnes conditions de ravitaillement en combustibles alternatifs à l’aéroport de Zurich. The Circle illustre parfaitement la grande importance que nous donnons à la protection du climat: il a obtenu la certification LEED, niveau Platinum, et est le plus vaste bâtiment jamais certifié par Minergie et qui fonctionne entièrement sans énergie fossile.

Pourrez-vous à l’avenir exploiter The Circle de façon rentable?

Je suis convaincu du succès commercial du projet. Il y a déjà dix ans de cela, nous avons eu une vision pionnière et elle a désormais été réalisée. Nous partons du principe que The Circle réalisera des rendements supérieurs à la moyenne pour un placement immobilier.

Spécialiste du développement

Agé de 48 ans, Stephan Widrig est le CEO de Flughafen Zürich AG depuis début 2015. Ce politologue et économiste (Université de St-Gall HSG) a d’abord travaillé pour la société de conseil Arthur Andersen avant de rejoindre en 1999 l’ancienne Flughafen-Immobilien-Gesellschaft (FIG), fusionnée en 2000 à la direction de l’aéroport pour devenir la Flughafen Zürich AG (Unique) et cotée depuis à la bourse suisse. S. Widrig a dirigé le service de gestion de l’immobilier et été Chief Financial et Chief Commercial Officer du nouvel aéroport de Bangalore en Inde, auquel participe Flughafen Zürich AG. Appelé à rejoindre la direction de Flughafen Zürich AG le 1er juillet 2008, il a d’abord été directeur des grands projets de développement, puis responsable de tous les secteurs commerciaux non réguliers ainsi que de tous les bâtiments et installations de l’aéroport de Zurich.